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Mobilité douce, une alternative à la voiture

Prendre votre voiture pour aller à l’autre bout de la ville, est-ce vraiment nécessaire ? Trottinettes et vélos électriques, hoverboard, gyropodes… Si votre style de vie et votre agilité vous le permettent, laissez vos préjugés et appréhensions au placard et découvrez les nombreuses possibilités pour un déplacement urbain plus écologique.

Attention: emprunter de l'argent coûte aussi de l'argent.

Quel engin de déplacement personnel motorisé vous convient le mieux ? Comment le financer et l’assurer ?

Mobilité douce La mobilité douce, une nouvelle mode ?

Définition

Mobilité douce, verte, durable… Qu’est-ce que c’est, au juste ? La mobilité douce caractérise l’usage de modes de transport considérés comme « propres », et donc respectueux de l’environnement. La marche et le vélo sont les premiers qui viennent à l’esprit. Mais ces derniers temps, la mobilité verte s’est elle aussi motorisée… tout en restant « relativement » écologique (un moteur, quel qu’il soit, n’ayant jamais un impact neutre sur l’environnement). Au lieu d’un moteur thermique, on trouve sur ces engins alternatifs un moteur électrique alimenté par une batterie. Vélos et trottinettes électriques, hoverboard, gyropode, mono-roue… ces nouveaux moyens de déplacement personnel qui ont envahi nos villes.

Pourquoi un tel succès ?

Face à la crise climatique et à l’afflux toujours grandissant de véhicules polluants, cette nouvelle mobilité connait un réel essor. Vous êtes d’ailleurs de plus en plus nombreux à vouloir changer de manière de vous déplacer : selon une étude réalisée par Bisnode, un Belge sur quatre utilise ou envisage d’utiliser ces solutions alternatives. Cette nouvelle façon de penser le déplacement est intimement liée à la place de l’usager au cœur de la circulation. Ces modes « doux » sont particulièrement adaptés et plébiscités en milieu urbain, puisqu’ils reflètent la volonté de réduire les conséquences néfastes (empreinte carbone et écologique) des transports classiques, mais également de désengorger les villes.

Pour qui ?

Vous ne possédez pas de voiture pour des raisons budgétaires ou écologiques ? Vous détestez les transports en commun ? La gare est trop loin de votre domicile ? Vous êtes fan de technologies ? Vous perdez trop de temps dans les embouteillages ? Alors ces nouveaux modes de mobilité sont faits pour vous. Travailleurs, navetteurs, étudiantes, retraitées… si tout le monde peut s’y mettre, il faut garder à l’esprit que ces engins sont faits pour se déplacer à vitesse moyenne sur de relativement courtes distances, et n’ont pas une autonomie infinie. On les privilégie donc surtout en ville.

L’achat d’un tel engin ne se fait pas au hasard. Beaucoup d’éléments doivent être considérés pour être certain de faire le meilleur choix : portabilité, prix et financement, autonomie, courbe d’apprentissage, entretien, plaisir et législation. Sans oublier le fait qu’il faudra bien évidemment recharger les batteries avant de prendre la route !

Choisir Quel engin est fait pour vous ?

Vélo à assistance électrique

Voici le moyen de transport alternatif qui a connu le plus gros boom. Si vous préférez arriver frais et dispo au boulot, la version à assistance électrique du vélo classique tombe à pic, du moins si vous en avez les moyens.

Avantages

  • L’assistance électrique est une aide non négligeable, surtout si vous parcourez de longues distances ou empruntez des itinéraires escarpés. Mais attention aux préjugés : un vélo électrique n’est pas un vélo de fainéant ! Il faut quand même fournir des efforts et pédaler, vos cuisses vous le feront très vite remarquer.
  • Confortable, il vous poussera à abandonner la voiture pour de plus grandes distances.
  • Nombreuses possibilités de location dans les grandes villes via des sociétés de vélos électriques en libre-service.

Inconvénients

  • Il est encombrant dans sa version non pliante, et reste assez lourd (bien plus qu’un vélo classique), ce qui peut représenter un problème pour celles et ceux qui doivent le porter dans les escaliers ou le soulever sur un porte-vélos.
  • Il intéresse davantage les voleurs que les vélos « classiques ». Il faut donc penser à bien le sécuriser et l’assurer.

Mono-roue et hoverboard

Croiser des gens en tenue de bureau tenant en équilibre sur une roue et fonçant à vive allure sur les pistes cyclables n’est plus une vision futuriste. Ces engins de micromobilité sont de petites machines électriques, dotées d’un système gyroscopique. Elles se dirigent avec le poids du corps. Le mono-roue, que l’on nomme aussi gyroroue, monowheel ou monocycle, est composé d’une unique roue et de deux pose-pieds pliables. Pour avancer, vous devez vous incliner vers l’avant. L’hoverboard fonctionne de la même manière, mais possède deux moteurs et se présente sous forme d’une planche sur laquelle vous placez vos deux pieds.

Avantages

  • Leur forme compacte et leur poids léger (entre 10 et 15 kg) les rendent facilement transportables.
  • Ils sont parfaits pour l’intermodalité citadine, car ils ne prennent pas beaucoup de place dans les transports en commun ou dans le coffre de la voiture.
  • Leur conduite « sans les mains » procure un sentiment de liberté accrue.

Inconvénient

  • Il faut un temps d’apprentissage et un bon équilibre pour les maîtriser, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Gyropode

Le gyropode est un transporteur électrique gyroscopique composé d’une plateforme et de deux roues. À l’inverse des mono-roues et hoverboards, il est doté d’un manche de conduite et de maintien. Ce transporteur réagit aussi à l’inclinaison de façon instantanée. Il « suffit » de s’incliner vers l’avant pour avancer et en arrière pour ralentir.

Avantages

  • Le guidon permet une bonne prise en main et une meilleure stabilité.
  • L’offre est très large, avec plusieurs modèles de différents poids et tailles, adaptés à un environnement tout terrain ou plus urbain.
  • Il possède généralement une très bonne autonomie.

Inconvénients

  • Le prix : il reste plus cher que les hoverboards et mono-roues.
  • Son guidon le rend plus encombrant, même s’il existe des versions pliables.

Trottinette électrique

Autrefois jouet d’enfant, le concept de la trottinette a évolué pour devenir un moyen de transport de pointe à moteur électrique et batterie. Le moteur peut se trouver dans les roues ou sous le plateau. Freiner, accélérer, diriger : tout se passe sur le guidon.

Avantages

  • Facile d’utilisation, le guidon permet une grande stabilité et une sensation de contrôle.
  • Souvent pliable, on peut l’emmener partout, même dans le coffre de la voiture.
  • Elle possède un petit côté régressif fort appréciable.
  • Disséminées partout en ville, les versions disponibles en libre-service seront à vous pour quelques euros.

Inconvénient

  • Malgré une belle démocratisation, le prix à l’achat reste encore assez élevé par rapport à la vitesse moyenne qu’offre ce type de mobilité.

Skateboard électrique

Pour terminer, le plus cool : le skate électrique. Esthétiquement, il est semblable à la planche à roulettes de votre adolescence. Une batterie est généralement montée directement sous la planche, et les moteurs sont soit ajoutés dans des trucks, soit incorporés dans les roues. On peut le faire avancer et reculer de deux manières différentes, selon le modèle : avec une télécommande/manette ou via Bluetooth avec une application smartphone.

Avantages

  • Vous renouez avec les sensations du vrai skateboard, ce qui vous donne une allure incontestable.
  • Possibilité de connaitre, choisir et surtout de contrôler votre vitesse grâce à la télécommande.
  • Le freinage est facilité, car vous n’avez plus besoin de poser le pied au sol.

 

Inconvénients

  • Format plus difficile à passer sous les bretelles du sac à dos qu’une planche classique, son poids est aussi beaucoup plus important (+/- 5 kg).
  • Le fait d’être obligé d’utiliser une télécommande ou un smartphone pour avancer : vos mains ne sont jamais totalement libres.

 

Vitesse, autonomie et prix Quelles performances pour quel budget ?

Ce n’est pas parce que ces engins sont plus écologiques qu’il faut oublier la législation. Les vélos, trottinettes et skateboards électriques, hoverboards et autres gyroroues tombent sous le coup des dispositifs à propulsion. Selon votre vitesse, vous ne pourrez pas rouler partout.

Si vous roulez à moins de 6 km/h, vous ne pouvez rouler que sur le trottoir. Si votre vitesse se situe entre 6 et 25 km/h, il vous faudra emprunter la piste cyclable ou la voie publique. Au-delà de 25 km/h, votre engin devient un véhicule : vous devez souscrire à une assurance pour véhicule motorisé, mais aussi posséder le permis de conduire et l’immatriculer.

Voici un tableau récapitulatif reprenant le prix moyen, la vitesse moyenne et l’autonomie de chaque mode de transport. Il va de soi que la vitesse et l’autonomie dépendent généralement du budget que vous consacrerez à votre nouveau transporteur, souvent lié à la puissance du moteur et de la batterie.

  Prix Vitesse Autonomie
Vélo électrique Entre 800 à 4 000 euros 25 km/h – 45 km/h De 20 à 100 km selon les modèles
Mono-roue Entre 500 et 2 000 euros 25 km/h (certaines jusqu’à 45 km/h) De 7 à 100 km selon les modèles
Gyropode Entre 500 et 3 000 euros 25 km/h (certaines jusqu’à 45 km/h) De 15 à 30 km selon les modèles
Hoverboard Entre 300 et 800 euros 5 km/h - 15 km/h De 15 à 20 km selon les modèles
Trottinette électrique Entre 500 et 1 200 euros 15 km/h - 25 km/h (certaines jusqu’à 80 km/h) De 15 à 20 km selon les modèles
Skate électrique Entre 500 et 1 000 euros 20 km/h – 50 km/h De 10 à 30 km selon les modèles

Financer Les frais à prendre en compte

Les coûts supplémentaires

Vous êtes décidé à passer à la mobilité douce ? En voilà une bonne idée. Outre les prix moyens exposés précédemment, il vous faudra tenir compte d’autres frais dans un budget plus global. Voici les coûts supplémentaires à ne surtout pas oublier.

L’électricité : Si tous ces engins avancent si facilement, c’est parce qu’ils sont aidés par le moteur électrique et la batterie. Tout ceci n’est pas gratuit, même si on est loin des prix des carburants de type essence ou diesel. On peut estimer qu’on dépense environ 1,5 euros tous les 1 000 km pour un vélo électrique, par exemple. Il s’agit d’une valeur théorique, car il faut tenir compte du prix exact de l’électricité, de la capacité de la batterie (exprimée en Wh ou watt-heure) et de son autonomie réelle (exprimée en km). Même si vous ne disposez pas d’une batterie dernière génération et efficace à 100 %, on peut dire que le coût de l’électricité reste négligeable pour tous ces nouveaux modes de transport.

L’usure et l’entretien : Ils ont beau être robustes, les batteries, pneus, freins et autres éléments qui composent votre engin de déplacement ne sont pas éternels. Cela dit, il faut généralement parcourir plus de 5 000 km avant de nécessiter un entretien ou une réparation.

La sécurité : Si ces modes de transports ont le vent en poupe, il n’en reste pas moins qu’ils sont source d’accident. Le respect du code de la route et la conduite préventive, c’est loin d’être suffisant. Équipez-vous ! Casque, gilets réfléchissants, sac à dos imperméable, phares LED, klaxons démontables, vêtements thermiques colorés (en hiver, il fait vite noir), lampe frontale, bref, faites-vous remarquer ! Évidemment, tout ceci a un prix, mais on ne rigole pas avec la sécurité.

Comment financer ?

Si vous êtes économe, vous aurez peut-être l’opportunité d’acheter votre vélo, trottinette ou gyropode dès que l’envie se fait sentir. Pour les autres, pensez aux prêts octroyés par les banques*. La mobilité douce est avant tout un moyen de mieux vivre ensemble et de respecter la planète. Les banques ont donc tout avantage à plébisciter ces moyens de transport et à aider les Belges dans leur acquisition grâce à des prêts mobilité douce. Tout comme les Régions d’ailleurs, qui octroient des primes à l’achat d’un vélo électrique.

*Sous réserve d’acceptation de votre demande

Assurer Roulez l’esprit léger

La protection en question

Même si dans la majorité des cas, exception faite du vélo, le propre de ces engins est d’être facilement transportables, il n’en reste pas moins vrai que vous allez être amené à le laisser quelques instants en extérieur. Vu la valeur de ces bolides, ils suscitent encore une tout autre convoitise qu’une vieille bicyclette. La solution ? Un bon cadenas en U. Ne lésinez pas sur la qualité de votre antivol, même si c’est un investissement conséquent (aux alentours de 100 euros).

Mauvaise nouvelle : beaucoup de voleurs s’y connaissent et savent déjouer ces antivols et cadenas, mieux vaut donc prévenir que guérir et contracter une assurance qui prend tout en charge, et ce pour tous les nouveaux engins motorisés : dégâts matériels en cas d’accident, garantie vol et garantie assistance.

Vous pensez vous déplacer en vélo ou trottinette ? Ou avec un autre véhicule de mobilité douce ?

Découvrez quels engins sont concernés et comment les financer.